L Argentine c est beau mais c est trop "facile"

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Argentine - Patagonie
de stef2decaze, le 03-02-2007

L Argentine c est beau mais c est trop "facile"

Je reviens une dernière fois sur Sydney pour parler de mes retrouvailles avec le confort. Alors que mon collègue Stouf arrivait en Australie tout frais avec une certaine boulimie de visite, le fait de me retrouver dans un appartement m a rendu assez pantouflard. Quelle joie de pouvoir squatter le canapé, de regarder un DVD, de surfer sur internet et surtout de tourner le robinet pour en boire l eau qui y coule.

J avais vraiment besoin de ce petit break pour attaquer mon dernier continent en pleine forme. Ce sera le cas même si les quelques soirées entre collègues n ont pas amplifiées le phénomène de récupération. Un grand merci a Lolo et Caro pour leur formidable accueil et à mon Stouf pour m avoir laisse fainéante sur le sofa.

Dernière anecdote d Australie : je me suis fais refoule a l entrée d une boite a Sydney car j étais … trop jeune. Ca m a bien mis en rogne, surtout que les copains ne m ont pas loupe derrière (je suis plus habitue a gazer qu a me faire gazer, mais au final ça fait du bien).

J arrive donc sur un nouveau continent. J avais bien passe un mois en Amérique Centrale mais jamais dans cette partie du continent que l on m annonce comme très différente. Premier arrêt, l Argentine et sa capitale Buenos Aires.

On se sent de suite bien dans cette ville. La gentillesse des gens qui nous fait croire que l on se trouve dans une petite ville, l animation des rues qui nous rappelle que l on est bien dans une grande ville, le cote festif et bon vivant de la population avec vin, viande rouge et tango, la partie historique avec Evita, el Che Guevara, les tirants et … Diego Maradona, tout cela donne un charme fou a la ville et fait que l on a envie d y rester et pourquoi pas de s y installer.

On peut un peu comparer la capitale à Barcelone de part le climat et le rythme de vie de la population, même si la ville espagnole possède la plage et des monuments que n a pas Buenos Aires. Toutefois, je préfère la capitale argentine uniquement pour les gens, à Barcelone les habitants étant saoules par les touristes (cela peu se comprendre) et en deviennent un peu aigris voire agressifs par certains moments.

Je vais ensuite descendre vers la terre de feu et Punta Arenas au Chili. 48 heures de bus, une frontière traversée et j arrive a destination avec pour objectif d aller observer les pingouins puis d aller a Puerto Natales pour faire un trek d une semaine. Trois points de vue lors du trek, Torres del Paine, le mirador de la vallée des français et un glacier. Vous pouvez voir les photos sur mon album.

Je reviens ensuite en Argentine, à El Calafate (Patagonie) pour observer un autre glacier vraiment impressionnant. D une part il est assez imposant, mais surtout il est dynamique, c est a dire qu il bouge (avance ou recule) et se renouvelle sans cesse. Concrètement lorsque vous restez quelques heures a l observer vous etes sur de voir des blocs de plusieurs tonnes se briser et tomber dans le lac, avec un bruit terrible, amplifie par les montagnes qui l entourent.

Pour le visiter je vais louer une voiture avec 3 autres touristes. C est exactement le même prix que d y aller en bus avec l avantage de pouvoir s y rendre a l heure que l on veut. Nous décidons d aller au glacier pour le lever du soleil. Arrive a l entrée a 5h30 du matin nous allons devoir attendre dans la voiture 7h00 car des travaux bloquent la route. Pour le sunrise c est rate.

Nous nous consolerons par le fait qu en arrivant a cette heure la nous n allons pas payer l entrée, le guichet n ouvrant qu a 8h00. De plus se retrouver dans cette ambiance pratiquement seul (8 personnes) et cela durant 4 heures. A 11h30, une vingtaine de bus débarquent avec à leur bord quelques 1000 touristes qui vont se bousculer pour avoir les meilleures places.

J en termine avec la Patagonie par Bariloche, la station balnéaire la plus prisee des argentins. En été ils y viennent pour se reposer, bronzer et marcher autour des lacs et en hiver ils viennent skier. Encore une fois la région est magnifique (même si l on peut trouver ce genre de paysage en France). En fait toute la partie frontalière entre le Chili et l Argentine est superbe, donc si vous aimez les paysages et la marche, venez ici, d un cote ou de l autre de la frontière.

Pour ma part, je ne m en suis pas rendu compte de suite mais quelque chose me gênait dans cette région Aujourd hui je pense en connaître la raison : ce pays est trop facile a visiter et ne correspond pas a mes attentes. L Argentine ressemble comme 2 gouttes d eau à un pays européen, ce qui la rend d un premier abord vraiment agréable. Mon problème est que suis à la recherche de nouvelles cultures vraiment différentes de ce que je peux trouver chez nous.

Je ne suis pas en train de dire que l Argentine n est pas magnifique ou que la population n est pas agréable, bien au contraire. J essaie juste d expliquer qu ici tout est trop facile. On trouve des hébergements partout avec un confort plus que correct, la nourriture est un régal et les transports sont bien mieux qu en France de par la qualité de leur bus. En fait en Patagonie on quitte une chambre d un lieu touristique pour monter dans un bus et se réveiller dans un autre spot touristique.

Il est donc grand temps de revenir au pourquoi de mon voyage, la rencontre avec les locaux de zones isolées. Je décide donc de quitter l Argentine au plus vite (je veux quand même assister au match France - Argentine le 7 février a Buenos Aires) pour rejoindre le Paraguay. Lorsque je dis que je veux aller au Paraguay, les gens me demandent pourquoi, surtout les israéliens. Ils essaient de me convaincre qu il n y a rien a voir dans ce pays. C est sur que compare au Brésil ou a la Bolivie on ne peux pas visiter de grands lacs, de montagnes, de jungle, de monuments célèbres … Quel interet y a-t-il donc a venir ici. Je pense qu a l instar de l Afrique ou de la Mongolie, l interet d aller dans ce pays est uniquement d y être et de pouvoir côtoyer une population délaissée par le tourisme de masse. J espère bien y rencontrer des gens qui de part leur mode de vie vont m apporter quelque chose. De plus si je veux réellement apprendre l espagnol, ce n est pas en étant entoure de touristes que je vais y arriver (ou plus lentement).

Voila pourquoi j ai décide de raccourcir mon passage en Argentine (j y reviendrai c est sur mais différemment). J ai beau explique les raisons aux israéliens, ils ont du mal a me comprendre. Israël est vraiment intéressant à comprendre, bien que cela soit quasi impossible pour des étrangers. Je parle d eux car la majorité des touristes que vous pouvez rencontrer autour du monde viennent de ce pays, la palme revenant a l Inde ou a l Argentine (ils disent d ailleurs qu ils ont l impression qu il y a plus d israéliens en Inde qu en Israël).

Au départ je me posait beaucoup de question : pourquoi voyagent-ils autant, pourquoi sont-ils toujours en groupe, pourquoi n aiment-ils pas les français, pourquoi ont-ils autant de caractère … ? Mes différentes rencontres vont un peu éclairées les choses.

« Si en Afrique ils arrêtent de se battre, c est la paix, si en Israël on arrête de se battre c est la fin d Israël » expliquait un dirigeant du pays. Je ne vais pas me lancer sur les raisons de ces incessantes guerres (bien trop complexe pour moi), mais cette phrase est un bon point de départ quant à la compréhension du tourisme israélien.

Le fait qu ils soient sans cesse en guerre (et que ce soit un petit pays) les a amene a développer leur armée. Aujourd hui chaque israélien passe plusieurs années au service militaire. Les garçons y restent 3 ans et les filles 2 ans. Les garçons apprennent a se battre et les filles ont le choix : soit elles se battent, soit elles occupent des fonctions d entretien (cuisine, linge, médecine …) utiles a l armée A l issu de l armée, ils doivent revenir chaque année passer un mois dans l armée jusqu a ce qu ils aient environ 60 ans pour les garçons et jusqu a ce qu elles aient un enfant pour les filles.

Beaucoup d entre eux décident même d y rester un an de plus gagner de l argent (pendant les années obligatoires ils n en gagnent pas) et ensuite voyager. Leur armée est beaucoup plus dure que celle que nous avions en France il y encore quelques années (ils ont vraiment conscience qu ils vont avoir a utiliser tôt ou tard ce qu ils apprennent). A l issu de celle-ci ils ont vraiment besoin de quitter le pays pour souffler avant d y revenir pour travailler.

Ces quelques années au sein de l armée les amene également a être extrêmement solidaire entre eux. Ils y reçoivent, en plus des techniques de combat, des cours ou ils sont plus ou moins conditionnes de manière a être convaincu du bien fonde de leur défense. On leur explique pourquoi ils ont a se battre et ce qu il pourrait advenir s ils ne le faisait pas. Cela les rend vraiment unis. En voyage il est donc extrêmement rare de croiser un touriste israélien seul ou alors c est qu il change d endroit mais en étant certain qu il va rejoindre d autre israélien Cela est assez simple car ils ont des sites qui leur donne toutes les infos sur les places a visiter et surtout comment le faire sans se ruiner (auxquels il faut rajouter les infos qu ils s échangent entre eux.

Pour ma part il n est pas rare que je suive un groupe d israélien lorsque j arrive dans une nouvelle ville. Cela permet de faire des économie car s ils vont quelque part c est que c est vraiment pas cher. J ai cependant du mal a envisager un voyage ou je ne rechercher que la compagnie des touristes français Même si je suis a chaque fois ravi d en croiser pour pouvoir parler français (c est vraiment reposant de pouvoir parler sa langue maternelle), je ne vais en aucun cas provoquer ces rencontres. Les israéliens ne restent qu entre eux : lorsqu ils visitent une place ou un pays ils ne côtoient quasiment pas la population locale (c est une des raison pour laquelle ils adorent l Inde).

En résume, l armée les amene à avoir envie de voyager, l armée les pousse à être solidaire, mais pour ce qui est du rapport avec les français, c est un peu différent. Attention, tous les israéliens ne détestent pas les français mais certain sont quand même assez ferme sur ce sujet. Cependant ils ont une explication : les informations que nous avons en France seraient orientées de manière a les faire passer pour les « méchants ».

Nous sommes tous conscient du pouvoir que peux avoir la presse pour influencer l opinion publique. Par exemple, un français qui regarde le journal télévise de la 1ere chaîne depuis 20 ans n aura certainement pas les mêmes idée qu un autre qui regarde au même moment la 2eme chaîne, surtout s il ne puise ses informations qu au travers de ce media. De même un français qui va lire tous les jours le figaro n aura pas le même point de vue qu un autre qui va lire le Monde. Nous savons que l idéal serait de lire ou d écouter l ensemble des medias pour ensuite se faire notre propre idée

Pour les israéliens, cela ne suffit pas car en France nous recevrions nos informations uniquement de la BBC (du moins pour les grandes chaînes). Pour eux, ce groupe serait clairement oriente contre l état d Israël ce qui amèneraient les français a se positionner contre leur état. Cette explication tient la route beaucoup plus que la première théorie qui me disait que les israéliens n aimaient pas les français car les français n aimaient pas eux même israel (même si l idée est identique).

Si vous avez d autres explications sur ce sujet n hésitez pas à me les donner. J ai du parler avec plus d une quarantaine d israéliens pour en ressortir les idées qui ressortaient le plus souvent. En tout cas, une chose est sure est que les israéliens sont bel et bien différents et que l armée n est pas étrangère a cette différence.

Pour terminer ce carnet, un petit mot sur le système scolaire en Argentine. J ai eu la chance de passer 3 ou 4 jours avec Carolina à Bariloche. Cette fille est professeur des écoles a Buenos Aires et donc même si les enfants sont en vacances (c est l été en Amérique du Sud) elle va me donner quelques informations.

Je commence par donner les grandes lignes du système scolaire avant leur récente crise économique. En fait celui-ci était très similaire avec celui que l on rencontre en France. Une école privée et une école publique, les 2 étant tout aussi bien cotées, le choix de payer pour l éducation de ses enfants étant lie au cote religieux. Les enfants vont 5 jours par semaine a l école (du lundi au vendredi) a raison de 5 heures par jour. Comme en France ils ont des intervenant pour la musique et le sport (ou autre) et comme en France, ils sont autour de 25 élèves par classe. En résume rien de bien intéressant.

Le changement va se faire après la crise économique qui va voir le pouvoir d achat des argentins nettement diminuer. C est intéressant car on peut faire des parallèles avec la France, avec ce que nous commençons à vivre ou avec ce que nous pourrions vivre si notre monnaie s écroulait.

Petit à petit les professeurs ont vu le changement, non pas de leur système qui est reste le même mais du comportement des enfants. Beaucoup de familles (je ne parle que pour les villes n ayant pas eu d infos sur les campagnes) ont commence a avoir enormement de problèmes, d argent en particulier. Cela les amene à délaisser de plus en plus leurs enfants. Cet état de fait a commencer a se ressentir 2 ou 3 ans plus tard, rendant l enseignement bien plus complexe car le professeur est amene a passer plus de temps sur des problèmes de discipline. Comme son salaire n a pas évolue pour autant, le professeur (sans généraliser) a un peu perdu de sa motivation et a commencer a prendre du recul (arrêt maladie, « je m enfoutisme » …). En très peu de temps, l école publique s est dégrade et a amene les familles qui le pouvaient a s orienter vers le privée, pour des raisons cette fois autres que le cote religieux de ces écoles.

Aujourd hui, l économie se redresse doucement et la dégradation aurait cesse de s amplifier, mais cela va prendre un certain temps avant que la situation ne redevienne ce qu elle était auparavant.

Je reprends la route demain pour rejoindre Buenos Aires, puis le Paraguay. J ai également décide de voyager en stop de manière a oblige de parler espagnol et également pour pouvoir m arrêter dans de petits villages et pas uniquement dans les grands sites touristique.

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