Sites preserves, cote historique et circuit touristique

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Cambodge - Ratanakiri, Mondulkiri, Phnom Penh, Sihanouk et Angkor
de stef2decaze, le 23-12-2006

Sites preserves, cote historique et circuit touristique

 1- La campagne


Je passe une nouvelle fois la frontiere a pied. Cette fois je serai oblige de payer le backchich (2 dollards). Il est tres difficile d y echapper quand on la passe a plusieurs. J ai essaye de prevenir les autres personnes de ce qui allait nous arriver (l ayant vecu a l entree du Laos) mais cela ne les derangeait pas de payer 2 dollards car ce n est « pas beaucoup ». Comme les autres touristes n ont pas discute cette taxe « illegale » et qu un bus m attendait de l autre cote j ai du egalement payer.

Les autres voyageurs descendent directement de Stung Treng a Phnom Penh. Pour ma part je decide de les quitte pour rejoindre le Ratanakiri, une province du pays isole de part l etat de la route.

 Neanmoins le trajet jusqu a Banlung ne durera que 5 heures et bien que la route soit defoncee, cela ne me gene pas trop (je pense que je commence a etre habitue). Seul petit probleme a l arrivee : en doublant une moto, nous percuterons un porcelet qui tentait de traverser. Voyant arriver sur lui la moto et le bus, il resta paralyse au milieu. Le chauffeur etant plus preoccupe par les trous sur la route, il ne tenta pas de l eviter.

La ville de Banlung n a pas trop de charme.

L interet de cette ville reside dans le fait qu elle se trouve au beau milieu de la jungle, avec de nombreux villages autour composes de minorites ethniques (que seuls les professionnels arrivent a distinguer). L autre particularite de la region est la terre rouge qui recouvre le sol. En plus de donner une couleur originale, cela apporte en saison seche enormement de poussiere et en saison des pluies de la boue et des routes impraticables. Cette province se trouve proche du Vietnam et du Laos.

Pour visiter le coin je vais louer une moto et parcourir les nombreux chemins qui composent le site. C est vraiment amusant au debut de rouler dans la poussiere, d eviter les nids d elephants et de glisser a pratiquement chaque virage, mais en fin dejournee je vous assure qu on ne s amuse plus tant on est creuve, nerveusement et physiquement, et degueulasse. Pour rouler vous devez vous munir de lunettes et d un masque pour pouvoir respirer.

Je vais donc avec ma moto visiter quelques villages et me promener dans la jungle.

On trouve dans les villages la meme ambiance bon enfant qu au Laos. Je n arrete pas de comparer cette ambiance a la fin de l hiver chez nous ou apres 4 mois de grisaille (parisienne), on se leve un matin et le soleil est revenu. Vous allez travailler et tout le monde a le sourire, est heureux de vivre. Voila l etat dans lequel se trouvent les habitants des villages chaque jour. Pourtant ils n ont pas grand-chose pour vivre.

Combien de fois je me suis retrouve dans un boui-boui a manger avec des locaux. Alors que je commande un bol de riz et un bol de legume-viande eux se trouve a 5 ou 6 autour d un unique bol de legumes et un bol de riz pour chacun. Cela met parfois mal a l aise.

Encore une fois quel bonheur de decouvrir ces villages sans route pour y acceder, ou les animaux se promenent en liberte et se melangent les uns aux autres (poules, cochons, chevres, chiens …), ou les hommes reparent les baraques tout en bois au toit de chaume et partent pecher, ou les femmes tissent, cuisine ou font la lessive et ou les enfants jouent sous le regard des anciens. Le soir tout ce beau monde se retrouvent pour echanger les produits fabriques ou recoltes avant de manger et de riree ensemble. Cela peut faire sourire une description aussi enfantine mais je vous assure une nouvelle fois que cela est bien reel : un vrai petit paradis dans un des coins les plus pauvres au monde. Cela prouve une nouvelle fois que la misere materielle n est pas toujours synonyme de misere psychologique. Cela renforce mon idee selon laquelle une part de la misere mentale que l on trouve dans nospays « developpes » reside dans cette societe de consommation et tout ce que cela entraine.

Je reviens ensuite sur mes pas (Stung Treng) et descends vers Kratie en longeant le mekong. Je loue une moto et par me promener le long du fleuve en empruntant quelques petits chemins.

J arrive a une zone d ou l on peut observer les dauphins d eau douce appeles Irrawady. Ils different de ceux que l on trouve en mer salee de par le fait qu ils n ont pas le nez pointu mais arrondi. Il n en existe que tres peu dans le monde (sud du Laos, Myanmar et Kratie au Cambodge).

Les pecheurs meme s ils considerent ces animaux comme sacres, les tuent involontairement avec leurs filets. Ils preferent tuer l animal que de couper leur filet qui coute tres cher.


J en terminerai avec la campagne en me rendant au sud-est du pays, dans la province du Mondulkiri avec son unique bar.

Comme pour le Ratanakiri, la route pour y acceder est en piteux etat,

de ce fait les touristes n y vont pas (ca me convient) et des dizaines d associations humanitaires y travaillent pour aider le pays a se reconstruire (on verra plus tard l origine de ses besoins).

Encore une fois la meilleure facon de visiter la region est avec une moto.

Je mettrai plus de 2 heures pour trouver un petit village (les cartes ne sont vraiment pas precises) ce qui me vaudra un bon coup de soleil.

 Je choisi ce village en demandant aux locaux ce que l on peut visiter. Ils me dirigent tous vers 2 villages. Je leur demande si les autres villages ne sont pas tout aussi jolies, ils ne savent pas. Je decide donc d aller voir de par moi-meme.

A mon arrive dans le village, compose d une vintaine de petites maisons autour d un point d eau, les habitants se sont refugies chez eux. Apres 10 minutes, quelques portes se sont ouvertes pour m observer de loin, mais personne n est sorti pour venir a ma rencontre.

C est vraiment etrange de se retrouver dans cette situation. Cela ne m etait jamais arrive auparavant de me sentir autant derangeant.

Je n insiste pas et pars vers un autre village. Je n aurai aucune reponse sur les raisons de cette reaction, si ce n est peut etre qu ils n ont pas encore evacue le traumatisme du au recent passe historique ?

La visite du 2eme village sera plus tranquille meme si les villageois resteront assez loin de moi pour m observer. Neanmoins ils repondront a mes sourires par des signes de la tete. Ce village est egalement organise autour d un puit (source d eau).

Je decide encore une fois de laisser ces gens tranquilles car je pense que c est ce qu ils recherchent.


On peut se demander se que vont devenir ces villages quand le gouvernement aura achever son projet d ameliorer les acces a ces zones et que les villageois verront debarquer des hordes de tourismes (cela va se produire car la region est reellement magnifique). En peu de temps les habitants vont passer de la vie qu ils menaient depuis des decennies avec certes de la precarite (mais aussi de la tranquilite et de la simplicite), a la modernite et tout ce qui va avec. Quand je pense aux anciens de chez nous qui ont deja du mal a suivre l evolution de la societe moderne alors qu ils y baignent dedans tous les jours … je me demande le choc que cela peut etre d y entrer en quelques mois.

Je n arrive pas a me positionner sur cet etat de fait : doit on laisser ces gens isoles au risque de créer un decalage tel qu ils seront eux les generations futures enfermes dans leur monde (c est ce que l on a fait avec des tribus amazoniennes) ou doit on les entrainer avec nous vers « ce monde meilleur ». De toute facon a quoi bon se poser ces questions, leur avenir etant deja tout trace …


  1. Le cote historique (cf le film « la dechirure, killing field »)


Je quitte a present la campagne, la vrai, pour me diriger vers le « circuit classique » avec pour commencer la capitale Phnom Penh.

 En marge de tres beau monuments qui compose la ville vous trouvez egalement 2 « musees » que beaucoup preferent appeler lieux de temoignage et de recueillement.

Le premier est le musee du crime genocidaire : c est une ancienne ecole construite par les francais que les khmers rouges vont utiliser comme prison de 1975 a 1979 et appeler S 21.

Cela rappelle vraiment les camps de concentration nazis.

Des milliers d hommes (femmes et enfants) vont y passer pour y etre interroger.

Tout le monde avouait, meme si la plupart du temps ce n etait que des calomnies, car les tortures etaient telles (pire que celles des nazis, si c est possible, celon les historiens) qu ils ne pouvaient pas faire autrement.

Ceux qui n etaient pas decedes apres l interrogatoire etaient amenes au 2eme lieux ou l on peut se recueillir : le camp d extermination de Choeung Ek a 15 kms au sud de la capitale. C est fois c est bel et bien un camp de concentration.


Pour mieux comprendre le pourquoi d une telle situation (tres complexe) je vais essayer de resumer. La situation politique dans ce pays a toujours ete tres instable. Tour a tour la gauche et la droite prennent le pouvoir aide la plupart du temps par de grosses nations telles que la Chine, la Thailande, le Vietnam ou encore la France et les americains.

En pleine guerre du Vietnam 1966, au moment ou les americains bombardaient le Cambodge pour repousser les maquisards du Vietcong (venus prendre en etau la piste Ho Chi Minh et donc les americains), la droite accede au pouvoir et la gauche forme un contre pouvoir avec des personnalites de tout bord. Cela devient assez vite l anarchie avec de nombreuses emeutes paysannes dans tout le pays.

La droite reprime violemment ces emeutes ce qui va amener les campagnes a hair Sihanouk (le chef du partie). Sihanouk accuse des paysans d avoir entraine les paysans et les baptise « Khmers rouges ». Ceux-ci gagnent le maquis et commencent le combat contre le pouvoir en place. Ils profite de la guerre du Vietnam pour gagner du terrain et prennent le pouvoir en 1975.

Ils sont 4 Khmers rouge (dont l organisation est appelee Ankgar) a se partager le pouvoir. Chacun ont pris des surnoms tel que Saloth Sar, le plus connu, qui a pris le surnomde Pol Pot (diminutif de Politique Potentielle). Ils ont une haine extreme envers la bourgeoisie et tout ceux qui semblent trop « intellectuels ». Concretement, ils commencent a evacuer totalement la capitale (2,5 millions de personnes) pour les envoyer dans les villages travailler aux rizieres. Cette exode coutera la vie a 400 000 personnes car meme les vieillards ou malades ont du effectuer cette marche forcee et quand on voit les temperatures que peut atteindre le pays…

Les KR (Khmers rouges) en profitent pour saccager tous les symboles de la bourgeoisie : banques, eglises, magasins d etat, tout y passe. Ils font ensuite evacuer toutes les villes du Cambodge pour les envoyer travailler aux rizieres en tant qu esclaves. Les gens doivent changer de nom, les enfants appartiennent maintenant a l Angkar, les mariages sont forces et se deroulent a la chaine (2 files indiennse une de femmes et une d hommes, ceux qui se retrouvent a cote sont maries). Seule la cite d Angkor est preservee.

Dans les campagnes commencent alors un genocide. Les conditions de travail les condamnent dans un premier temps a breve echeance. De plus les hommes aux cheveux longs sont executes ainsi que ceux qui portent des lunettes car juges trop intellectuels, de meme que ceux susceptiblesde connaître une langue etrangere (ainsi que leur famille). « Il vaut mieux tuer un innocent que de garder un ennemi en vie » ou encore « un million de jeunes est suffisent pour construire le nouvel etat » disent les dirigeants KR.

Cela ne se terminera en 1978 lorsque les KR feront l erreur de s en prendre aux vietnamiens pour essayer de reprendre une part du Vietnam qui par le passe leur appartenait. Les vietnamiens qui ont horreur des cambodgiens vont alors envahir le Cambodge et chasser les KR. Ils ne repartiront du Cambodge qu en 1989.


Durant cette periode, les KR retranches a la frontiere thailandaise vont utiliser un moyen diabolique pour tenter de destabiliser le systeme en place. Empecher les paysans de travailler de maniere a stopper les recoltes (sans recolte le systeme ne devrait pas tenir longtemps pensaient-ils, mauvais calcul car les vietnamiens ne sont pas au Cambodge pour faire des profit). Pour cela ils vont utiliser les mines antipersonnelles : celles-ci sont placees dans les rizieres et les champs (ainsi qu autour des temples pour les proteger) et ne sont pas concues pour tuer mais pour mutiler. C est pourquoi quand vous visitezle pays aujourd hui vous croisez sans cesse des hommes aveugles ou a qui il manque un ou plusieurs membres.


Peut etre le plus terrible dans notre societe actuelle est le manque de solidarite entre les differents pays de la planete. On peut se demander combien de temps encore cela aurait dure si les KR n avaient pas fait l erreur de s en prendre au vietnamien. Peut etre que le genocide aurait continue encore longtemps car peu de pays « riches » se souciaient du sort des cambodgiens alors que les services de renseignement les tenaient les grandes puissances informes de la situation.


Au final, environ 4 millions de personnes vont mourir ou seront tuees entre 1975 et 1978. La population du Cambodge va passer d environ 14 millions a 10 millions. Le genocide aura ete proportionnellement plus important que celui des nazis. Imaginez l etat d un pays qui sort de plusieurs decennies de guerre et dont on a massacre la plupart de ses « cellules grises ». Ce peuple a bien du mal a se reconstruire. C est pourquoi de nombreuses associations humanitaires sont presentes au Cambodge. Malheureusement pour eux, une nouvelle fois les hommes au pouvoir sont archi corrompus (ce sont d ailleurs d anciens complice de Pol Pot).


En resume, des fanatiques d extreme gauche vont prendre le pouvoir et mettre en pratique leur ideologie visant a eliminer tout ce qui est lie a la bourgeoisie et au cote intellectuel du pays (et ceci aussi bien materiel qu humain) afin de reconstruire un nouvel etat.


Ca peut paraître un peu barbant cette explication mais vous ne pouvez pas visiter un tel pays sans avoir un minimum de connaissance historique. Cela permet de mieux comprendre l etat dans lequel se trouve cette nation et le sentiment d inferiorite que peuvent avoir ses habitants (dont profite allegrement de nombreux vautours venant s installer dans le pays car presque tout est a refaire).


Attention seule les grandes lignes de mon resume sont a prendre en compte car l histoire est bien plus complexe et de plus je n ai pas realise de these sur le sujet, seulement quelques lectures ou echanges verbaux, l important etant dans un premier temps d avoir une vue d ensemble pour ensuite approfondir le sujet pour ceux qui seraient interesses.


  1. Le parcours « classique »


Lors de mon sejour dans la capitale, je vais avoir l occasion de rejouer au rugby. Stephanie une fille rencontree au Laos qui travaille a l ambassade de France a Phnom Penh, m avait parle d entrainement de rugby auxquels participaient 2 de ses collegues de travail. Il s agit en fait d expatries qui d une part prennent plaisir a jouer au rugby, mais qui d autre part se servent de ce sport pour aider de jeunes cambodgiens issus de milieux defavorises.

Cela se passe au lycee francais sur un petit terrain d herbe. Quatres expatries dont un professeur d EPS en poste dans ce lycee s occupent d une vingtaine de jeunes d environ 20 ans vivant dans la decharge de la ville. Bien sur ils jouent pieds nus ce qui n est pas un probleme pour eux. C est incroyable de voir la motivation qu ont ces jeunes. Ils courent partout, ne parlent jamais, ont toujours le sourire, si vous leur montrez un geste technique, ils essaient de le faire sans cesse. Ca fait rever d avoir des eleves aussi serieux et assidus. Meme s ils ne deviendront certainement pas des champions (le physique des cambodgiens petit, fin et leger n est pas trop adapte a ce sport) cela leur apporte une rigueur, des regles de vie et un objectif (ils ont un petit championnat) bien utile pour ces jeunes dont la vie se resume a rechercher dans les ordures de quoi manger ou des choses a recuperer pour revendre ensuite et a regler les conflits en se battant parfois a coup de couteau.

C est vraiment une bonne initiative qu ont eu ces expatries pour d une part se faire plaisir et d autre part se rendre utile. Toutefois tout n est pas si rose car lors du dernier match leur petit championnat (5 equipes) l equipe adverse a fait jouer plus d expatries (australiens et anglais) que de jeunes cambodgiens et ont joue a la limite entre l agressivite et la violence au risque de blesser les jeunes (une blessure pourrait etre dramatique car ils n ont aucune assurance et pas de moyen financier de se soigner). La communication aupres des jeunes etant assez difficile de part la barriere de la langue, il a ete difficile de leur faire comprendre que le rugby n est pas ce qu ils venaient de vivre, le risque etant la demotivation voire l abandon de la pratique par ces jeunes. Cela prouve une nouvelle fois la stupidite d une partie de notre societe qui, ne pensant qu a son plaisir personnel, en oublie les veritables raisons de leur investissement.


Le lendemain,le professeur m invite a revenir pour jouer au foot : chaque vendredi soir de 17h00 a 19h30 les professeurs jouent contre les eleves. Deux heures et demi de footcelasera tres dur pour les organismes mais cela fera neanmoins du bien moralement car permettant de se vider la tete (difficile de le faire par un simple footing).

Le public est completement different de la veille : ce sont des enfants d expatries ayant donc un statu extremement privilegie dans ces pays (imaginez, leurs parents gagnent 3 fois leur salaire de fonctionnaire en France et ceci pour un cout de la vie 10 fois moindre).


Je descends ensuite vers Sihanoukville et la plage cambodgienne.

J y resterai 4 jours a me reposer. Le coin est assez sympa pour l instant car peut de touristes s y rendent (plus que dans les campagnes tout de meme). Ce qui choque quand on arrive c est le nombre d enfants travaillant sur la plage. Le matin ils s amusent dans l eau comme de vrais gamins (qu ils sont)

et des que les premiers touristes arrivent, ils commencent pour certains a vendre toute sorte de choses (fruits, dessins, bijoux, …)

et pour d autre a recuperer les bouteilles plastiques en vue de les revendre ensuite.

Pour cela ils ont une tactique que leur enseignent leurs parents (du moins je suppose). Ils viennent vous voir et quand vous commencez a refuser ils prennent une mine deconfite, genre vous privez un enfant de chez nous (ou un rugbymen orceen) de sa playstation.

Si vous commencez a jouer avec lui en 20 secondes il redevient l enfant qu il est et ne peut s empecher de jouer avec vous. Cette tactique vous la retrouvez partout sur le circuit touristique du Cambodge, comme s il y avait une ecole cambodgienne de la mendicite.


Je visiterai a proximite de Sihanouk une ecole en plein milieu d un parc protege (parc de Reap). Cette ecole comme pour la majorite des ecoles rurales des pays pauvres a ete construite par des missionnaires religieux.

Le principe etant pour les religions d envoyer des gens dans ces zones pour les aider dans un premier temps a ameliorer leur quotidien tout en les convertissant dans un deuxieme temps a leur religion (c est du commerce en somme).

Pour cette ecole, ce sont les catholiques qui l ont construite (enfin je crois car je m y perd un peu dans toutes ces religions).

Il s agit comme toujours d un batiment rudimentaire genre petit hangar.

Le professeur s occupe d une quinzaine d enfants auxquels il enseigne la lecture, l ecriture et les mathematiques.


Apres un dernier couche de soleil,

je remonte plus au nord du pays pour prendre un bateau a Battambang a destination de Siem Reap (la ville d ou l on visite Angkor). Le trajet est extraordinaire. Vous suivez tout du long une riviere jusqu a un enorme lac proche de Siem Reap.

C est plus agreable qu un voyage sur le Mekong car sur une petite riviere non seulement vous etes seuls a effectuer le trajet mais surtout vous passez a proximite des habitations ou vous pouvez observer la vie des villageois, pecheurs pour la plupart.

Le voyage commence par traverser de nombreux villages

avant d entrer dans une vegetation plus dense

pour finalement en ressortir sur le grand lac. Ce lac sert de tampon au pays : pendant la mousson il devient 4 fois plus grand que pendant la saison seche.

Ce phenomene (qui n est pas naturel mais gere par les hommes) fait que les villages construits sur le lac sont tres originaux. Alors que les maisons des villages en bordure de la riviere sont sur piloti, celles construite sur le lac flottent.

Elles sont comme posees sur des radeaux et se deplacent suivant la taille du lac. Les maisons d un meme village sont toutes reliees entre elles de maniere a créer un village flottant. C est vraiment surprenant.

Au beau milieu de tout cela se trouve une ecole (construite par l UNICEF) elle aussi flottante.

Les eleves s y rendent en pirogue (ils sont tres a l aise sur ces embarcations vraiment instables).

Je pense que celui qui habite le plus loin passe prendre ses camarades sur le chemin. Ils « garent » la pirogue en bas de l ecole

et s en resservent s ils doivent aller au gymnase ou en recreation dans ce batiment grillage de maniere a eviter aux balles de tomber a l eau.

J arrive donc a Siem Reap, tres jolie ville a 8 kms au sud de la cite Angkor. Si cette ville est jolie est propre par rapport au reste du pays c est certainement du fait que 90 pour cent des touristes ne viennent au Cambodge que pour voir Angkor et en repartent ensuite. Ils ont donc l image d un pays tres developpe, une sorte de vitrine.

Des le premier soir je me ferai inviter par les jeunes travaillant a la guesthouse a aller jouer au foot. Nous arrivons sur un terrain vague dans l enceinte d un temple. Les cages sont faites de 2 batons plantes dans le sol relies entre eux par une corde. La pluie de la veille fait qu a peu pres 1/3 du terrain est compose de grosses flaques (stoppant le ballon a chaque passage). Comme pour mon experience au rugby, les cambodgiens jouent pieds nus (vu le prix des chaussures on les comprend) et on comme qualite, vitesse et technicite. Ils sont vraiment tres vifs. Encore une fois ce qui les caracterise est leur joie de vivre. Que ce soit pour le rugby ou pour le match de foot, les rares fois ou l un des joueurs a parle c est pour sortir une blague. Il n y aura pas un seul accrochage verbal, pas un seul geste d enervement, que du plaisir. Mais ce n est pas pour cela qu ils ne prennent pas le sport au serieux car chaque equipe essaye vraiment de remporter le match et les joueurs de l equipe perdante sont assez decu d avoir perdu, mais aussi de leur prestation qu ils estiment etre en partie responsable de la defaite. Hallucinant, moi qui est l habitude de voir mes jeunes jouer au foot et sans cesse s engueuler et se renvoyer la faute les uns les autres (je ne peux quand meme pas trop parler car moi-même etant jeune je pense que j etais bien pire qu eux) je decouvre un autre monde, une autre facon de pratiquer.


Le lendemain je pars visiter Angkor. La chaleur, l humidite etouffante et la taille de la cite vont rendre la promenade impossible en velo. En effet les differents temples se trouvent souvent espaces de plusieurs kms et comme rien qu en restant immobile a l ombre on degouline de sueur, je decide de prendre un trickshaw (vous n avez pas le droit de louer une moto pour visiter le site, business oblige).

Tout petit deja j avais vu des images de cette cite que ce soit dans des reportages ou des film comme « Apocalypse Now » ou « Indiana Jones ». Je ne savais que ces images venaient d Angkor, ni ou se trouvait Angkor, mais deja elles me fascinaient et me faisaient rever. J arrive donc dans ce lieu mythique comme un gamin, tout excite et comme souvent dans ces cas la on est un peu decu.

Pas franchement decu car les temples sont toutefois superbes (surtout ceux laisses a l abandon) mais un petit peu quand meme, ne trouvant pas dans ce lieu l emotion a la hauteur du site et de son passe historique.


Par exemple mon meilleur souvenir de voyage se trouve a Tikal, une site maya du Guatemala. Celle-ci se trouve en plein centre de la jungle tropicale et pour y acceder il faut prendre une petite piste sur plus de 50 kms et ensuite marcher pendant 30 minutes. Quand vous arrivez la vous decouvrez un site extremement sauvage ou pour aller d un temple a l autre vous devez emprunter de petits chemins qui traversent la jungle. Au sommet de chacun des temples vous apercevez les autres temples au loin tel de minuscule « tetons » au dessus de la foret.

La beaute du site est une chose mais ce qui fait le charme de Tikal est son ambiance particuliere. Deja il n y a que tres peu de touristes et en fin de journee quasiment plus du tout. Je me souviens etre assis sur la place centrale en bordure de 2 temples se faisant face et la petit a petit les oiseaux commencent a siffler en faisant des sons vraiment differents de ceux que l on a l habitude d entendre chez nous. On commence a voir arriver de petits mammiferes venus reprendre possession du lieu. On sait qu autour se trouve des jaguars,meme si l on espere ne pas en croiser un. Et par-dessus tout cela, le plus beau et le plus impressionnant. Alors que vous profitez de la melodie des oiseaux vous etes soudain effrayes par de terribles rugissement. Vous vous demandez quel animal est capable de pousser de tels hurlements qui resonnent dans la jungle au point de la dechirer. Ces cris viennent en fait de petits singes hurleurs que vous ne voyez pas au depart tellement ils sont petits et haut perches dans les arbres. Ca rassure de les finalement les apercevoir et de se dire que finalement ce n est pas un troupeau de King Kong qui va vous tomber dessus. C est depuis ce jour la et le terrible regret de n avoir pas pu emporter cette ambiance avec moi que j ai decide d avoir avec moi a chacun de mes voyages de quoi enregistrer les sons.

Tout cela pour dire que pour moi la beaute d un site vient pour partie des monuments mais egalement de l environnement dans lequel se trouve le site et surtout de l ambiance y regnant le tout procurant plus ou moins d emotion et c est bien cela que je recherche.


J en reviens donc a Angkor ou pour moi il manque ces emotions qui font que vous vous sentez en fusion avec le lieu. D une part les acces sont trop facile permettant a des milliers de touristes de debarquer en meme temps et faisant fuir la plupart des animaux (sauf quelques singes que l on nourrit pour les garder dans le site), d autre part il y a beaucoup trop de stand de souvenir qui vous rappellent que vous n etes pas revenu plusieurs siecles en arriere (on a le droit de rever).

Le bilan est donc mitige, car je le repete les temple sont magnifiques surtout Angkor Wat (le plus connu)

le Bayon (le plus mysterieux avec ses 200 visages regardant dans toutes les directions)

et Ta Phrom (le plus sauvage).

Expliquons quand meme que les arbres poussant sur les temples sont un danger pour le site car les racines, au depart petites, se glissent entre les pierres pour finalement les ecarter les unes des autres en grossissant.

Un autre probleme du site (en plus des mines antipersonnelles dont j ai parle plus haut), sont les pilleurs. De nombreux collectionneurs fortunes sont pret a faire beaucoup de sacrifices pour se procurer des statuettes d Angkor. On peut se dire que le site est bien garde la nuit par des policiers fonctionnaires. Encore une fois le probleme vient du fait que les fonctionnaires des pays pauvres sont payes une misere et donc ils ne vont pas risquer leur vie contre des bandes de mercenaires (qui eux sont payes une fortune par les collectionneurs) mais preferent fermer les yeux et toucher une petite commission qui fera vivre leur famille pendant quelques semaines.

Meme un politicien francais a tente le coup : l ancien ministre de la culture Andre Malraux s est fait attrape en 1923 a Phnom Penh juste avant de sortir du pays avec une statuette. Il fut libere sous la pression de ses amis fortunes (tout s achete dans ces pays) et ne deviendra ministre que plus tard sous De Gaulle (je crois).


J en termine avec le Cambodge en repartant pour Bangkok par la route defoncee entre Siem Reap et la frontiere puis excellente entre la frontiere et Bangkok. On peut se demander pourquoi la route est autant mal entrenue cote cambodgien quand on sait que 90 pour cent des touristes viennent au Cambodge pour visiter Angkor depuis laThailande. La reponse est assez simple : la compagnie aerienne Thai Airlines propose le vol Bangkok – Siem Reap. Elle a donc passe un accord avec le gouvernement en place pour qu il n entretiennent pas cette portion de route incitant par ce procede les visiteurs a prendre l avion. Mais l interet du Cambodge est d attirer le plus de touristes possible medirez-vous. Bien sur mais avant cela,le principal interet est de faire entrer de l argent dans le pays (et dans leur poche) alors finalement que cet argent vienne directement des touristes ou de la compagnie aerienne, est-ce vraiment un probleme ?

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