Je passe la nuit dans le bus, avec une excellente place : nous devions dormir sur une couchette 2 places avec un jeune israelien, mais celui-ci voulant son confort va payer le chauffeur pour qu il lui donne les 2 couchette pour lui. Au final, je me retrouve sur une autre place avec moi-meme 2 couchettes a ma disposition. J ai donc eu beaucoup de place meme si l etat de la route ne va une nouvelle fois pas me permettre de dormir (regulierement mon corps tout entier decolle de la couchette). J arrive a Dharamsala, ou plutot a Mac Leoganj car Dharamsala n est en fait qu une petite ville indienne sans charme, alors que 10 kms plus haut dans la montagne se trouve un village ou 10 000 tibetains cohabitent avec les indiens. 
Cela vient du fait que lorsque le Dalai Lama a du quitter le Tibet pour fuir la repression chinoise qui voulait l emprisonner, il traversa la chaine himalayenne, puis le Nepal tout cela a pied, pour arriver dans cette petite ville ou la religion dominante etait le boudhisme. Le gouvernement indien lui offrit l asile politique et lui permit d organiser un gouvernement tibetain qui va par la suite accueillir les nombreux tibetains ayant comme lui fuit leur region natale. Aujourd hui, ils sont environ 10 000 a y habiter d ou le nom de “petit Lhasa” donne a cette ville. 
Apres les tibetains du Yunnan et du Sichuan et ceux du Tibet, j en termine donc avec les tibetains par cette ville ou l ambiance est completement differente de ce que j avais pu voir jusqu alors. Ici les tibetains sont libres aussi bien en ce qui concerne leur mode de vie, la pratique de leur religion ou encore leur facon de penser. Contrairement au Tibet ils peuvent enfin proteger leur culture. Le tibetains voulant apprendre leur histoire ou encore leur langue se doivent de venir ici car au Tibet cela est impossible ou alors au travers d un ouvrage chinois expliquant en quoi la Chine a “aidee” cette region. 
L ambiance est donc decontractee et partout on trouve des photos du Dalai Lama, de l enfant reconnu comme etant le nouveau pancha lama et que les chinois retiennent enfermes quelque part autour de Beijing avec sa famille, du drapeau tibetain, bref tout ce qu il est impossible de trouver au Tibet. 
Quand on vient comme moi de Chine, le difference est enorme. Enfin on peut parler librement de la situation politique au Tibet, enfin les tibetains peuvent donner leurs opinons, enfin ils peuvent pratiquer leur religion sans etre sous controle de l administration chinoise. Le probleme majeur des habitants de la region est qu ils ont tous laisse une majeure partie de leur famille et meme parfois femmes et enfants en Chine, tant le voyage pour atteindre Dharamsala est eprouvant. Un mois de marche sans argent, en comptant sur l aide des gens rencontres, et en devant franchir l Himalaya (la plupart contourne le mont Everest). De nombreuses personnes tentant ce periple n arrivent pas au bout ou quand ils y arrivent se retrouvent avec d enormes sequelles du au froid, au niveau des mains ou des pieds. C est passionnant de les entendre me raconter ces histoires mais a chaque fois on rerssent de la tristesse de leur part (d avoir du quitter leur terre et leur environnement) melanger a de l espoir de pouvoir revenir bientot chez eux librement grace aux actions menees dans ce “petit Lhasa”. Le 3eme jour je rencontre deux personnes, une sud africaine (Genevieve) croisee une minute a Dehli au pire de ma forme, 
et une canadienne (Mylena) 
qui m explique qu elle travaille dans une petite association ecologique de la ville et que si nous le voulons, nous pouvons venir aider 1, 2 ou plusieurs jours. Je saute sur l occasion etant persuade que cela va me faire le plus grand bien. Rendez-vous demain matin a 7h45 devant l association. Nous nous retrouvons donc a l heure prevu. Nous commencons par de rapides presentations des jeunes du coin dont cette activite est leur travail regulier : il y a 4 jeunes indiens aux caracteres diametralement opposes (du grand timide a l extraverti fier de son corps en passant par le macho dont la raison de vivre est de jouer au criquet), une femme tibetaine, une femme nepalaise dont le mari, indien est le chauffeur de notre camion. 


Le travail va consister a aller chez les habitants de la ville pour recuperer leurs dechets secs. 
Au passage nous expliquons chaque fois que necessaire aux gens ce que nous entendons par dechets secs. 

Nous recueillons ces dechets dans de grands sacs de jute et nous les vidons regulierement dans la beine du camion qui nous attend a certains endroits strategiques sur le bord de la route. 

Nous travaillons en equipe de 2 ou 3. Un jour nous faisons un cote de la ville et le lendemain, nous nous occupons de l autre ainsi que de la grande bibliotheque tibetaine et des locaux administratifs situes 5 kms plus bas. Quand la tournee est terminee, nous allons dans un petit chemin proche d un local de stockage. 
Sur ce chemin nous trions les dechets en separant plastique, verre, carton et ferraille (les autres dechets restant dans la benne et etant jettes dans une decharge a Dharamsala) que nous pesons et rangeons dans le local, des entreprises de recyclage venant les recuperer plus tard. 
Mis a part le fait de contribuer a preserver l environnement, d un point de vue plus personnel cela permet de vraiment rencontrer les gens. Pas de maniere furtive au travers de quelques echanges verbaux mais de vrais relations seines ou aucune operation commerciale n est sous entendu. D un cote nous penetrons l intimite des habitants qui tellement surpris et heureux de voir des occidentaux effectuer de telles besognes n hesitent pas a nous inviter a rentrer chez eux (malheureusement bien souvent nous n avons pas le temps), et d un autre nous cotoyons nos collegues de travail qui vont s ouvrir et se livrer de plus en plus. Nous avons en realite pas mal de temps libre car le travail demande est fait pour 5 personnes et nous sommes 8. Du coup nous effectuons de longues pauses pour boire du the au lait et pour discuter. Cette experience va me permettre tout d abord de rencontrer cette joyeuse equipe de travailleurs puis petit a petit d apprehender leur quotidien avec les difficultes qu ils rencontrent. Par exemple l histoire de la femme nepalaise qui va se confier a Mylena en lui expliquant que son mari (le chauffeur du camion) boit beaucoup et la frappe regulierement, et qui va demander jour apres jour a Mylena de venir dormir chez elle (de cette histoire en decoule toute la problematique de la condition des femmes en indes). Nous aborderons donc beaucoup de sujets tels que le choix de son epouse en rapport a la caste d appartenance ou au bon vouloir de sa famille, le cout de la vie (ils gagnent 40 euros par mois) ou leur encore leurs passions et loisirs. Bref cette experience m aura permis d avoir un contact privilegie avec la population surtout avec les femmes de la region qui sont tres difficile a cotoyer (hors mis pour les discussions commercantes avec les femmes travaillant dans les petits magasins qui ne tournent qu autour de l argent). Je pense que cette petite aventure restera comme un des meilleurs moments de mon voyage. C est assez bizarre car apres avoir ete au fond du seau a Dehli, me voila regonfle et plein d espoir a Dharamsala. Toutefois je dois reste conscient qu ici ce n est pas vraiment l Inde. Meme les misereux de la ville, etant en nombre “acceptables” ont tous une place et ont une vrai place au sein de la ville. On croise toujours les memes personnes et meme les plus atteints par la lepres ou d autres problemes le sont d une facon “decentes”, c est horrible de dire cela mais c est la realite. Notons que j ai quand meme trouve le temps de visiter les alentours de la ville tels que les petits villages ou les chutes d eau et que mon dortoir en guesthouse m a permis de rencontrer des tibetains exiles qui ont effectues la route seul laissant femme et enfants au Tibet. 

Apres plus d une semaine passe ici je decide d accompagner Mylena au Rajasthan (elle prefere voyager a 2 pour avoir un peu plus de surete et au vue de mon physique impressionant ...). Nous allons partir le lendemain pour Amritsar, capitale religieuse de Sikhs, a la frontiere du Pakistan, puis allons descendre vers Jaipur au Rajasthan en evitant de repasser par Dehli. |