1- Le pouvoir d achat
Le pouvoir d achat correspond a l argent dont dispose chaque personne pour vivre (manger, dormir, se soigner, s amuser ...). Certains pays ont un pouvoir d achat relativement eleve, comme la France (en general bien entendu), et d autre en ont un beaucoup plus faible.
Un soir au bord d un lac en Mongolie, je discute avec un homme d une cinquantaine d annee et originaire de belgique. Il m explique que lors de son premier voyage en Mongolie il est partie une semaine a dos de cheval avec un guide dans les steppes mongoles. Le guide lui demanda une somme pour chaque jour de randonnee, guide, nourriture, nuit et cheval compris (5 euros). La somme parue derisoire au belge qui insista pour payer trois fois plus cher (15 euros) car pour lui ce n etait pas grand chose.
De meme lorsque l on achete quelque chose dans certains pays, il n y a pas de prix affiche et donc le vendeur nous en propose un. Si l on compare le prix que l on aurait paye en France pour le meme produit, ce prix peut paraitre derisoire. Un de mes amis au Nepal en avait assez de toujours devoir sans cesse negocier (ce n est pas dans notre culture) et du coup accepta d acheter au prix propose initialement.
Un autre exemple concerne la mendicite. Nous rencontrons beaucoup d enfants qui essaient de recuperer quelques pieces (sans rendre aucun service en echange), stylos ou cadeaux, et cela dans chacunes des grandes villes des pays pauvres. Beaucoup de touristes acceptent de donner car il est difficile de resister a la vue de ces enfants en detresse (on peut facilement le comprendre).
La question que je me pose est savoir ce que ce genre de comportement peut amener sur du long terme sachant qu un homme qui a fait 5 annees d etude apres le bac gagne environ 15 euros par jour. Les jeunes ne voudront-ils pas tous faire guide ou vendeur de rue et ne plus se fatiguer a aller a l universite ? De meme les parents voyant que leurs enfants peuvent gagner 2 a 3 fois plus d argent qu eux, vont ils les envoyer a l ecole ou plutot les obliger a aller mendier sur le trottoir ?
Qu en pensez-vous ?
J insiste sur le fait qu il n y pas de bonne ou de mauvaise reponse. Chacun est libre d agir a sa guise, l important etant d etre un minimum conscient sur les consequences que cela peut avoir sur du long terme. Je vous avoue que pour l instant je n ai pas encore reussi a savoir quelle est, pour moi, la meilleure facon d agir afin d eviter de bouleverser economiquement une region. D un cote laisser les gens dans la misere pour les inciter a faire des etudes et developper leur pays dans le futur ou d un autre faire profiter ces pauvres gens de mon argent pour qu ils aient une vie meilleure immediatement.
2- La photographie
Lorsque l on pars en voyage on veut bien souvent ramener des souvenirs. Cela se traduit la plupart du temps par la prise de photographies que ce soit des monuments, des scenes de vie, des touristes rencontres ou encore des gens habitant dans les regions traversees. Que ce soit pour soi-meme, pour la famille ou pour les amis cette pratique peut poser certains problemes.
Il y a quelques temps j etais au Guatemala, en Amerique Centrale. Sur le bord d un lac, j observais de vieilles femmes indiennes laver des onions en chantant. Au bout d une demi heure, un bateau rempli de touristes francais arrive sur la berge. A peine debarque, ceux-ci se mettent a sortir leur appareil photo et commencent a "mitrailler" les vieilles femmes qui prises de panique tentent de se cacher sous des couvertures. La reaction des touristes fut d etre etonne d un tel comportement allant meme jusqu a penser que si elles se cachent ce n est que parce que elles ne se sont pas maquillees le matin de la scene. Pour mieux comprendre cette histoire il faut savoir que dans certains coins du monde, la photographie est percu comme quelque chose qui va leur prendre leur ame pour la coller sur un bout de papier.
Une autre histoire, va rejoindre le theme de la semaine derniere (le pouvoir d achat). Lorsque l on visite des sites ultra touristiques, les enfants viennent vous voir pour vous demander si vous voulez les prendre en photo. Si vous acceptez, immediatement ils vous tendent la main pour reclamer de l argent en contre partie. Cela revient un peut a payer son droit d entree au zoo, sauf que la ce ne sont pas des animaux en cage mais bel et bien des enfants comme vous. Ce comportement vient du fait que beaucoup de touristes frustres de ne pas pouvoir prendre ces enfants en photo ont commence a donner de l argent afin que ceux ci acceptent de poser. Cela peut donc comme pour le precedent theme, amener les parents a aller "vendre leur image" aupres de touristes plutot que de les envoyer a l ecole.
Le probleme dans tout cela est que l on veut quand meme ramener des photos de ses voyages. Pensez-vous qu il faille donner de l argent a des personnes dans le besoin pour prendre une photo ? Pensez-vous qu il faille demander l autorisation a la personne (au risque de perdre le naturel de la scene) ou alors prendre la photo a son insue ? Pensez-vous qu il y a des solutions pour prendre des photos sans risquer d heurter la sensibilite des locaux ou sans risquer de bouleverser la region ?
Vous pouvez vous amuser a vous mettre a la place des gens de ces pays. Pour cela imaginez vous en train de jouer dans la cour de l ecole ou a cote de chez vous. Toutes les 5 minutes un touriste passe et vous prend en photo (la plupart du temps sans meme vous parler) et cela tous les jours (semaines et week-ends), toutes les semaines et tous les mois de l annee. Demandez-vous si vous supporterez longtemps cette situation ou si vous vous adapterez, soit en devenant agressif, soit en demandant de l argent parce qu au bout du compte cela peut rapporter gros.
Encore une fois vous ne trouverez pas de bonne reponse a cela mais uniquement des reponses que vous jugerez meilleures que d autres, l important etant de trouver sa facon de voyager en polluant le moins possible la region traversee.
3- Les zoos humains
J ai rencontre en Thaïlande un couple de touristes qui étaient fier de me montrer leurs photos de voyage en particulier celles sur le Myanmar (ex-Birmanie). Sur l une de ces photos on y voyait un portrait de « femme girafe ». Ces femmes, que l on trouve dans une petite région du Myanmar (proche de la Thaïlande) sont mondialement célèbres pour la grandeur de leur cou.
Elles ne sont pas nées avec ce cou mais l ont agrandi petit a petit en y rajoutant des anneaux dores autour. Le premier anneau doit être pose au alentour de leur 10eme anniversaire, et quand elles arrivent a 20 ans elles en ont une bonne vingtaine. Ces anneaux leurs étirent le cou de manière a ce qu a l age adulte celui-ci a « grandi » d environ 10 cm, ce qui est énorme.
Le problème est que en même temps que le cou, c est toute la colonne vertébrale qui est étirée tout en atrophiant les muscles de cette partie (la tête reposant sur le collier, plus besoin de muscle), a tel point que ces femmes deviennent esclaves de ces colliers (si on les retire, la tête risque de ne plus tenir et donc de briser les cervicales).
Il y a quelques années, ils ont arrête cette coutume prenant conscience des dégâts causes d une part et ayant évolue sur les critères de beauté d autre part (le contact avec le reste du monde peut avoir de bon cote parfois). Ce changement a entraîne une catastrophe économique dans la région : les touristes ne venaient plus car pour eux la seule raison de venir ici était de voir ces fameuses « femmes girafes ».
Ils ont donc décide de recommencer la procédure, donc de sacrifier a nouveau de jeunes femmes, uniquement pour que les touristes reviennent. Alors que doit-on faire ?
- ne pas y aller pour que dans l avenir, ils arrêtent cette horrible coutume
- y aller mais ne pas prendre de photo et donc ne pas payer pour cette coutume
- y aller et prendre des photos car quand même l argent récolte fait vivre beaucoup de famille dans cette région
4 - Comment voyager
Beaucoup de touristes choisissent de voyager en “organise” c est a dire qu ils achètent un billet de France qui comprend l ensemble du séjour : le vol aller-retour, l hôtel dans le pays visite, les repas, les visites, …
Quand ils arrivent dans le pays de leur vacance, ils n ont plus a s occuper de quoi que soit. Une personne les prend en charge et les amène a droite et a gauche pour visiter tout ce qu il y a voir dans les alentours. Ensuite il les conduit dans des boutiques de souvenir, puis il leur propose d aller voir une dans typique de la région et enfin d aller rencontrer des indigènes qui n ont pas vu un blanc de leur vie. Au retour a l hôtel, un saut dans la piscine, un repas gargantuesque comprenant nourriture européenne ainsi que celle du coin.
Une nouvelle fois derrière cette façon de voyager se cache quelques problèmes. Les agences de voyage, pour gagner de l argent tout en vous proposant des tarifs exceptionnellement bas vont devoir négocier ferme. Ces négociations entraîne en bout de chaîne des salaires proches de l exploitation. Par exemple, l agence négocie avec un hôtel qui lui-même s occupe de négocier avec ses employés et les agriculteurs a qui il achète la nourriture. A terme, l agence menacant de changer d hôtel ou carrément de pays, l hôtel va casser les prix entraînant un salaire de misère pour le personnel. Ensuite c est au tour de l agriculteur de subir la négociation. Il va accepter de vendre ses produits pour une bouche de pain.
Lorsque le guide vous amène dans le magasin de souvenir (souvent il vous explique que c est chez un ami ou chez son frère) ce n est que parce qu il sait que le vendeur va lui donner une commission sur l ensemble des achats des touristes. Cela l amène donc a amener tous les touristes dans le même magasin alors qu il y en a des dizaines autour qui vont eux galerer pour vivre.
Les danses locales ne sont pas « jolies » à regarder pour nos yeux européens. Nous sommes habitues a voir du grandiose a la tele et donc si on nous proposait la danse réelle, nous serions déçus. Cela amène les tours opérateurs à nous fabriquer un petit spectacle avec de beaux costumes, et de belles femmes qui dansent pour nous. Au final, ce ne sont plus les locaux qui réalisent ce spectacle mais des danseurs venant des grandes villes aux alentours.
Cette adaptation vous la retrouvez également au moment du repas ou si vous deviez manger la vraie cuisine locale vous trouveriez cela fade, trop épice, ou degueulasse. Ils adaptent donc la nourriture aux palais des occidentaux.
Un dernier exemple concernant les piscines ou les golfs que l on trouve dans les grands hôtel En Inde, a Goa, alors que les villageois sont prives d eau (région très aride) les touristes peuvent se baigner dans la piscine ou jouer au golf, bien que l on sache les quantité extraordinaire d eau qui sont consommes dans ce genre d activité.
On a donc d un cote des locaux qui travaillent dans des conditions que personne n accepterait en France, mais qui font quand même vivre des familles entières, et de l autre des touristes qui peuvent se payer 3 semaines de vacance alors qu en France pour la même somme ils ne pourraient pas se payer plus de 2 semaines de conge.
Que doit-on faire ?
- Continuer a aller dans ces clubs de vacances alors que l on sait très bien qu au final les locaux sont exploites
- Ne plus y aller mais si les touristes ne vont plus dans ces pays pauvres ce sont des familles entières qui vont perdre l ensemble de leur revenu (aussi minime soit-il)
- Trouver un compromis qui nous amène a continuer d aller dans ces pays tout en évitant les clubs de vacances et ce qui va avec