La zone interdite
A Markam, 11h00 du matin, je n ai pas attendu la nuit pour passer le check point, situe a 500 metres a la sortie de la ville en direction de Lhasa. Il y a une premiere barriere dans la ville mais qui ne pose aucun probleme (ce sont les locaux qui m ont explique cela), j y suis passe a pied en discutant avec les hommes en uniformes (je ne sais jamais si ce sont des flics ou pas car 25% des travailleurs tibetains ont un uniforme).
Pour passer ce premier check point je suis passe sur la droite en grimpant sur la colline (pas facile avec les sacs et l altitude). Cela m a pris environ 45 minutes pour passer suffisement haut afin de na pas risquer d etre vu. J ai ensuite attendu 1 jour avant d etre pris en stop (j ai dormi chez une famille a 1 km du check point, que j avais rencontre l après midi en tendant le pouce).
Ce sont des camionneurs chinois qui m ont pris : 2 chauffeurs qui se relayaient, 1 homme qui s occupait de laver le camion et de decharger les colis dans les villes traversees, et une femme).

Ils m ont place a l arriere du chauffeur avec l autre chauffeur qui se repose. A chacun des check points, la meme histoire : je m allonge sous le matelas a l arriere et les 2 hommes se couchent sur moi en faisant semblant de dormir. On n a ete controle qu une fois entre Markam et Bomda et les policiers n y ont vu que du feu.

A ce stade du voyage, mon appareil photo va rendre l ame. Cela est certainement du a la poussiere incessante lors du trajet qui a bloque dans un premier temps mon objectif avant de le faire griller. Le plus gros probleme est que la carte memeoire a grille avec me faisant perdre la totalite des photos du trajet. Du coup la plupart des images que vous voyez sont celles de touristes chinois que je vais rencontrer un peu plus tard.

Le trajet va nous faire monter de plus en plus







et va voir la vegetation disparaitre progressivement au fur et a mesure que nous allons atteindre les villages des plateaux.





A Bomda, je change de camion et suis assez vite pris par un camion tibetain qui m amenera a Bomi.

Aux check points (il n y a pas de couchette a l arriere) je me baisse et ils me recouvrent de leur manteau. Cette fois-ci nous ne serons pas arretes, certainement du fait que nous attendons pour passer les gros peages de nuit. On rencontre beaucoup de check point mais la plupart ne sont pas la pour vous controler, mais plutot pour verifier les cargaisons des camions, la securite pour ceux qui transportent du bois a l arriere (est-il bien attache) ou d autre chose encore ...

Arrive a Bomi je passe 4 heures sur le bord de la route (ce qui amuse pas mal les villageois) avant d etre pris par un touriste chinois dans son gros 4/4. Il me deposera a Bayi (pas de check point sur le chemin). J avais lu qu a Bayi on etait tranquille, et bien ce n est pas le cas.
Tout d abord aucuns hostels ne vont m accepter car je n ai pas l autorisation (ils risqué de devoir payer une amende s ils se font prendre après avoir accepter un etranger). Apres 5 hostel ou je me fais refouler (et pourtant j ai rencontre un couple de jeune chinois qui m ont aider dans mes demarches) nous allons manger un bout, un hot pot delicieux celui la contrairement a Chengdu.

Nous mangeons rapidement car c est un peu le stress avec tous ces uniformes qui vont et qui viennent dans les rues ainsi que dans le resto. Apres le repas nous elaborons un plan car je ne vois pas dormir a la belle etoile a l altitude ou nous nous trouvons. Le jeune couple va prendre une chambre a trois lits (dans nos recherches nous avions entendu qu un hostel n avait plus qu une chambre avec 3 lits). Je profite du fait qu ils effectuent les demarches administratives avec les gerant de l hostel pour me faufiler dans la cours centrale. Une fois dans la chambre ils m ouvrent la fenetre, je balance mes sacs, je plonge a l interieur et le tour est joue. Une derniere frayeur quand une femme vient frapper pour nous apporter le thermos d eau chaude (que l on a dans chaque hostel), mais non elle ne s apercoit de rien. Le couple de chinois quand nous reparlons de cette histoire avant de nous endormir font comme si le gars de lhotel etait au courant de ma presence, alors que nous avons organise mon passage en fraude (je ne comprend parfois pas leur attitude qui d un cote me viennent en aide et de l autre font comme si cette situation n existait pas).
Le lendemain a la gare routiere de Bayi, je trouve facilement un bus et une fois a l interieur commence a pouvoir respirer pensant etre enfin tranquille. Pourtant 20 minutes plus tard un homme en civil arrive et me demande mon visa puis mon autorisation. S en suit une longue discussion : d ou viens tu ? par quel moyen ? en passant par ou ? avec qui ? ... Apres 30 minutes il me demande de le suivre au poste de police (ou quelque chose comme ca). Dans le bureau se trouve une femme qui va me poser les questions pendant qu un homme va noter mes affirmations et tenter de voir si mon explication tient la route. Je me decouvre des talents de menteur en leur expliquant que j ai pris la route avec des touristes chinois mais que nous ne nous sommes jamais arrete que ce soit a Bomda ou a Bomi qui sont donc les villes interdites (avec Bayi). La femme commence a me montrer l article 46 d une loi chinoise ecrite anglais ou je suis decris comme etant un "alien" devant payer une forte amende. Mais comme c est la premiere fois et que je suis "gentil" comme elle dit, elle me demande de payer 20 dollards.
A ce moment l homme qui m a arrete reviens et nous restons seul quelques instants (avec le gars qui note tout mais qui ne comprend rien a l anglais). Comme il parle anglais, nous commencons a discuter. Il m explique qu il est d origine tibetaine mais a un passeport chinois et occupe des functions au gouvernement international (?). J en profite alors pour lui expliquer que je voyage pour 12 mois et que donc je n ai pas beaucoup d argent. Mon reve etant de traverser le Tibet pour rencontrer les habitants tibetains dont la culture est d une enorme richesse qu il faut proteger afin de la faire perdurer ....... Et que donc que je prefere donner mon argent aux tibetains plutot qu au gouvernement chinois (assez risque me direz-vous). Il me regarde droit dans les yeux, et apres quelques instants m explique que sur la taxe demandee, la part revenant au tibetain est de 50 yuan (5 euros) et que lorsque l on paye 180 euros a Chengdu ou Kunming et 50 euros a Lhasa, la difference revient au gouvernement chinois. Du coup, il appuie ma demarche et me demande uniquement de payer les 5 euros correspondant a la part tibetaine et qu il va s arranger avec la femme (ce qu il fera en 5 minutes).
Je passerai ensuite 30 minutes a remplir des formulaires que je signerai a de multiple endroits et ou je poserai mes empruntes digitales sur chacunes de mes affirmations ou de mes signatures. Je ressors du commissariat avec le gars qui me ramene a la gare et apres une photo de groupe me libere avec en poche l autorisation qui me permet de circuler librement jusqu a Kathmandu. C est etrange a ce moment la car le couple de chinois, quand je leur explique l histoire des 5 dollards se braquent et meme si je suis persuade qu ils connaissent la situation du Tibet en Chine font mine de ne pas comprendre l histoire avec le flic tibetain (enfin ils m ont quand meme bien aide).

Le bus demarre en compagnie de quelques chinois adorables de religion musulmane.

Nous croiserons en chemin des enfants recitant en coeur leur table de multiplication au sein d une petite ecole.





ainsi qu un accident, ce qui est frequent etant donne l etat et la largeur de la piste.


Six heures plus tard (22h00) et 4 kms avant d arriver a Lhasa, nous apercevons le potola surplombant la ville et magnifiquement eclaire.

La, je realise enfin que je suis arrive, apres 10 jours de trajet depuis Chengdu.
