voyage en clandestin

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Tibet - de chengdu a Lhasa
de stef2decaze, le 10-09-2006

voyage en clandestin

Petit bilan sur la Chine

Et dire qu au depart je n avais pas prevu d y passer, ou alors juste pour la traverser. Cela aurait ete vraiment dommage car ce pays est magnifique. Si on fait abstraction d une certaine categorie de chinois (le plus souvent irrespectueux envers les moins favorises) et les travaux qui ameliorent peut etre le quotidien des habitants (et des touristes) mais font perdre de leur charme a toutes ces immenses cites. Que ce soit pour ses paysages grandioses, pour ses monuments ou encore pour la culture tellement differente de la notre je ne peux que vous conseiller d y passer quelques semaines voire quelques mois tant le pays est grand. Si vous n avez que quelques semaines, a mon avis, vous devez vous contenter d une province ou deux (chaque province faisant au moins la taille de la France). Si vous en faite plus, vous passerez certainement au travers de sa vrai richesse qui est la diversite culturelle propre a chacune de ces regions. Pour ma part, je n ai vu qu une partie des provinces du Yunnan, du Sichuan et du Tibet en 2 mois, ce qui est deja trop. Je vous conseille egalement de vous depecher d y aller le pays est en train de s uniformiser (cf Lhassa qui ressemble de plus en plus a une ville chinoise). Bien sur dans le futur, vous trouverez toujours une douzaine de chinois qui se deguiseront en minorite ethnique pour attirer les touristes, mais je pense quand meme que la vrai richesse culturelle aura disparu.

 

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Khamding

Je laisse Valeria rentrer a Milan et part seul de Chengdu en direction de Khamding, petite ville aa 2600 metres d altitude constituee pour moitie de chinois et pour moitie de tibetains. Le voyage se passe sans encombre. La riviere qui traverse la ville en produisant un bruit de courant incessant, la rendent particulierement agreable pour sejourner 2 ou 3 jours. On a meme envie d enfourcher un kayak et de se jetter a l eau tant les rapides sont en continues (aucune pause possible).

Le soir sur la place centrale, tous les habitants se reunissent et commencent en danser, comme on a pu le voir a Zongdhian.

Autour de cette place une vie de village avec des petits jeux pour les enfants et de quoi grignoter ou boire un verre.

Une fois la nuit tombee, ce sont les adolescents qui prennent possession de la place afin de repeter quelques pas de danse hip hop. De part leur style on dirait plein de petit bab (le beau gosse d Orsay Rugby) ultra fashion. Comme quoi meme la jeunesse tibetaine … J essaie d avoir des infos sur la route pour aller a Lhasa et la position des check points : sans succes.

Litang

Le lendemain, je reprends le bus, direction Litang. Le bus etant uniquement compose de tibetains. On se croirait un peu en Mongolie tant les paysages de montagnes ou de plateaux avec kes tentes de nomades qui elevent les yacks se ressemblent et tant le plaisir qu ils prennent a chanter sans arret me rappelle leurs cousins mongoles. Apres avoir repare une panne et pousser le bus pour repartir

nous commencons la monte vers les montagnes.

Le trajet dure une dizaine d heures et vaut vraiment le coup d oeil. Nous franchirons 3 cols a plus de 4500 metres avant d arriver a destination, Litang etant elle a 4700 metres. Ca fait plaisir d avoir quitter la chaleur tropicale du Sichuan pour la chaleur seche et les nuits fraiches. De plus nous sommes passes au dessus de la brume et nous nous retrouvons donc avec un beau ciel bleu.

La ville est plantee au milieu de colline avec au loin les montagnes. Elle est constituee a 80 % de tibetain, ce qui est tres rare dans la chine (et meme le Tibet) actuelle.

Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas aller au Tibet, je vous conseille de venir dans cette region (ou dans celle de Shangri La au Yunnan). Vous aurez un reel apercu de ce qu etait le Tibet il y a encore quelques annees, certainement plus qu au Tibet lui meme (hors mis pour les paysages desertiques des plateaux). On trouve 3 sortes de tibetains a Litang : les moines (40%)

les Khampas (40%) qui sont de grands hommes aux cheveux noirs tresses avec un foulard rouge ou noir

et des tibetains ressemblant a des cow boy du far west avec leurs grosses motos (le reste etant des chinois).

A peine arrive, je rencontre un tibetain qui m invite sur sa moto a aller chez lui proche du monastere dans la vieille ville. Je resterai diner chez lui en compagnie de sa soeur et de son pere. Je le reverai chaque jour, mais ne pourrai plus le suivre du fait que je dois mettre a jour mon blog. Apres environ 12 heures passées sur internet j arrive a terminer mon travail dans un etat nerveux assez avance, toujours a cause des problemes de connexion). Je profite aussi d un peu de temps libre pour faire developer quelques photo, afin de pouvoir communiquer plus facilement (cela m evitera d avoir a les chercher sur mon mp4).

Je passerai mon dernier après midi dans une ecole de la ville. Je peux y rentrer assez facilement en compagnie du pere d un des eleves tibetains qui vient pour la rentree scolaire. Je me ferai virer par le directeur (chinois) 2 heures plus tard.

Cela me laisse le temps de voir les enfants jouer avant la sonnerie, assister a un cour de sport (pas de photo) et d etre present pour la rentree des classe tibetaines.

En effet, dans cette ecole, les tibetains et les chinois sont separes, les tibetains n ayant le droit d apprendre leur langue qu a l ecole elementaire. Du coup on trouve des enfants de tout age (6 a 12 ans) ainsi que les proches (pere, mere, grands parents) venus assister au 1er jour de classe. On s assoie comme on peut, tous les adultes fument et on ecoute les directives de l enseignante (s etre laver les dents avant de venir en cour …) qui demandera ensuite aux parents de remplir un formulaire dont les 3/4 sont bien incapable de faire , ne sachant ni lire, ni ecrire et encore moins le chinois.

A la recreation, les enfants m entourent tout d abord et petit a petit me grimpe dessus : ils commencent par me toucher, puis me tirer les habits avant de se bousculer pour pouvoir me toucher.

Je comprends le directeur quand il me demande de quitter l etablissement. Dehors je suis surpris de voir tous ces enfants qui ne sont pas en cour. On dirait plein de petits orphelins ou de petits clochards.

J arrive a comprendre en discutant avec un commercant ayant quelques bases d anglais. Ces enfants sont des tibetains dont les parents ont eu 3 ou 4 enfants. Le nombre d enfants par famille etant limite, ceux qui en ont plus doivent payer une taxe (60 euros environ, je crois). S ils n ont pas les moyens de la payer, ce qui est le cas la plupart du temps, leur enfant n aura pas acces a l ecole. Du coup ces enfants sont livres a eux meme (hormis quelques uns qui travaillent avec leur parent) et restent toute la journee et une partie de la nuit a trainer dans la rue a la recherche d argent, de betises a faire ou de cigarettes.

On croise frequemment des enfants de 8 ou 9 ans en train de fumer. Je les croiserai aussi assez regulierement au local internet car meme s ils n ont pas d argent ils viennent voir les autres jouer au jeux video en reseau (le soir ou entre midi et 2) et s interessent de pres voire de trop pres a ce que je fais. Je sais que ce n est pas de leur faute (le systeme et les parents les ayant laisser tomber) mais si vous ne calmez pas immediatement leurs ardeurs ils peuvent tres vite devenir assez agressif (c est a ce moment la que le proprietaire du local les frappe litteralement pour les faire degager. J essaie d avoir des infos sur la route pour aller a Lhasa et la position des check points : sans succes.

Batang

Trois jour plus tard, je reprends le bus direction Batang a la frontiere. Le voyage sera assez long car nous serons bloques 8 heures a cause de travaux sur la route. Ceka ne m a pas gene car j en ai profite pour faire connaissance avec les familles tibetaines voyageant avec moi.

Ils se plaisent a regarder mes photos (mension speciale a ma photo de famille et mes filleules, Marion et Ines), a ecouter ma musique ou encore a regarder le petit album photo sur mes copains du rugby d Orsay que m a offert Antony "Maximus" avant mon depart.

Comme j arrive de nuit je ne trouve pas de transport pour Markam ou alors hors de prix. Je passé donc la nuit dans un hotel de assez miteux, proche de la gare routiere. J essaie d avoir des infos sur la route pour aller a Lhasa et la position des check points : encore une fois sans succes (je partirai donc sans trop savoir ou je vais).

Le lendemain, après une visite rapide de la ville (tres jolie) je commence a taper le stop, le seul bus rejoignant ma destination refusant de me prendre. Je serai assez vite pris par un gars qui rentre chez lui a Markam, ce qui me fera economiser les 30 euros que demandent les mini vans pour m y amener. J ai pour ma part rejoint Markam en stop (un homme qui devait aller a Markam m a pris pour 2 euros) contre les 30 euros que proposent les mini vans.

La zone interdite

A Markam, 11h00 du matin, je n ai pas attendu la nuit pour passer le check point, situe a 500 metres a la sortie de la ville en direction de Lhasa. Il y a une premiere barriere dans la ville mais qui ne pose aucun probleme (ce sont les locaux qui m ont explique cela), j y suis passe a pied en discutant avec les hommes en uniformes (je ne sais jamais si ce sont des flics ou pas car 25% des travailleurs tibetains ont un uniforme).

Pour passer ce premier check point je suis passe sur la droite en grimpant sur la colline (pas facile avec les sacs et l altitude). Cela m a pris environ 45 minutes pour passer suffisement haut afin de na pas risquer d etre vu. J ai ensuite attendu 1 jour avant d etre pris en stop (j ai dormi chez une famille a 1 km du check point, que j avais rencontre l après midi en tendant le pouce).

Ce sont des camionneurs chinois qui m ont pris : 2 chauffeurs qui se relayaient, 1 homme qui s occupait de laver le camion et de decharger les colis dans les villes traversees, et une femme).

Ils m ont place a l arriere du chauffeur avec l autre chauffeur qui se repose. A chacun des check points, la meme histoire : je m allonge sous le matelas a l arriere et les 2 hommes se couchent sur moi en faisant semblant de dormir. On n a ete controle qu une fois entre Markam et Bomda et les policiers n y ont vu que du feu.

A ce stade du voyage, mon appareil photo va rendre l ame. Cela est certainement du a la poussiere incessante lors du trajet qui a bloque dans un premier temps mon objectif avant de le faire griller. Le plus gros probleme est que la carte memeoire a grille avec me faisant perdre la totalite des photos du trajet. Du coup la plupart des images que vous voyez sont celles de touristes chinois que je vais rencontrer un peu plus tard.

Le trajet va nous faire monter de plus en plus

et va voir la vegetation disparaitre progressivement au fur et a mesure que nous allons atteindre les villages des plateaux.

A Bomda, je change de camion et suis assez vite pris par un camion tibetain qui m amenera a Bomi.

Aux check points (il n y a pas de couchette a l arriere) je me baisse et ils me recouvrent de leur manteau. Cette fois-ci nous ne serons pas arretes, certainement du fait que nous attendons pour passer les gros peages de nuit. On rencontre beaucoup de check point mais la plupart ne sont pas la pour vous controler, mais plutot pour verifier les cargaisons des camions, la securite pour ceux qui transportent du bois a l arriere (est-il bien attache) ou d autre chose encore ...

Arrive a Bomi je passe 4 heures sur le bord de la route (ce qui amuse pas mal les villageois) avant d etre pris par un touriste chinois dans son gros 4/4. Il me deposera a Bayi (pas de check point sur le chemin). J avais lu qu a Bayi on etait tranquille, et bien ce n est pas le cas.

Tout d abord aucuns hostels ne vont m accepter car je n ai pas l autorisation (ils risqué de devoir payer une amende s ils se font prendre après avoir accepter un etranger). Apres 5 hostel ou je me fais refouler (et pourtant j ai rencontre un couple de jeune chinois qui m ont aider dans mes demarches) nous allons manger un bout, un hot pot delicieux celui la contrairement a Chengdu.

Nous mangeons rapidement car c est un peu le stress avec tous ces uniformes qui vont et qui viennent dans les rues ainsi que dans le resto. Apres le repas nous elaborons un plan car je ne vois pas dormir a la belle etoile a l altitude ou nous nous trouvons. Le jeune couple va prendre une chambre a trois lits (dans nos recherches nous avions entendu qu un hostel n avait plus qu une chambre avec 3 lits). Je profite du fait qu ils effectuent les demarches administratives avec les gerant de l hostel pour me faufiler dans la cours centrale. Une fois dans la chambre ils m ouvrent la fenetre, je balance mes sacs, je plonge a l interieur et le tour est joue. Une derniere frayeur quand une femme vient frapper pour nous apporter le thermos d eau chaude (que l on a dans chaque hostel), mais non elle ne s apercoit de rien. Le couple de chinois quand nous reparlons de cette histoire avant de nous endormir font comme si le gars de lhotel etait au courant de ma presence, alors que nous avons organise mon passage en fraude (je ne comprend parfois pas leur attitude qui d un cote me viennent en aide et de l autre font comme si cette situation n existait pas).

Le lendemain a la gare routiere de Bayi, je trouve facilement un bus et une fois a l interieur commence a pouvoir respirer pensant etre enfin tranquille. Pourtant 20 minutes plus tard un homme en civil arrive et me demande mon visa puis mon autorisation. S en suit une longue discussion : d ou viens tu ? par quel moyen ? en passant par ou ? avec qui ? ... Apres 30 minutes il me demande de le suivre au poste de police (ou quelque chose comme ca). Dans le bureau se trouve une femme qui va me poser les questions pendant qu un homme va noter mes affirmations et tenter de voir si mon explication tient la route. Je me decouvre des talents de menteur en leur expliquant que j ai pris la route avec des touristes chinois mais que nous ne nous sommes jamais arrete que ce soit a Bomda ou a Bomi qui sont donc les villes interdites (avec Bayi). La femme commence a me montrer l article 46 d une loi chinoise ecrite anglais ou je suis decris comme etant un "alien" devant payer une forte amende. Mais comme c est la premiere fois et que je suis "gentil" comme elle dit, elle me demande de payer 20 dollards.

A ce moment l homme qui m a arrete reviens et nous restons seul quelques instants (avec le gars qui note tout mais qui ne comprend rien a l anglais). Comme il parle anglais, nous commencons a discuter. Il m explique qu il est d origine tibetaine mais a un passeport chinois et occupe des functions au gouvernement international (?). J en profite alors pour lui expliquer que je voyage pour 12 mois et que donc je n ai pas beaucoup d argent. Mon reve etant de traverser le Tibet pour rencontrer les habitants tibetains dont la culture est d une enorme richesse qu il faut proteger afin de la faire perdurer ....... Et que donc que je prefere donner mon argent aux tibetains plutot qu au gouvernement chinois (assez risque me direz-vous). Il me regarde droit dans les yeux, et apres quelques instants m explique que sur la taxe demandee, la part revenant au tibetain est de 50 yuan (5 euros) et que lorsque l on paye 180 euros a Chengdu ou Kunming et 50 euros a Lhasa, la difference revient au gouvernement chinois. Du coup, il appuie ma demarche et me demande uniquement de payer les 5 euros correspondant a la part tibetaine et qu il va s arranger avec la femme (ce qu il fera en 5 minutes).

Je passerai ensuite 30 minutes a remplir des formulaires que je signerai a de multiple endroits et ou je poserai mes empruntes digitales sur chacunes de mes affirmations ou de mes signatures. Je ressors du commissariat avec le gars qui me ramene a la gare et apres une photo de groupe me libere avec en poche l autorisation qui me permet de circuler librement jusqu a Kathmandu. C est etrange a ce moment la car le couple de chinois, quand je leur explique l histoire des 5 dollards se braquent et meme si je suis persuade qu ils connaissent la situation du Tibet en Chine font mine de ne pas comprendre l histoire avec le flic tibetain (enfin ils m ont quand meme bien aide).

Le bus demarre en compagnie de quelques chinois adorables de religion musulmane.

 

Nous croiserons en chemin des enfants recitant en coeur leur table de multiplication au sein d une petite ecole.

ainsi qu un accident, ce qui est frequent etant donne l etat et la largeur de la piste.

Six heures plus tard (22h00) et 4 kms avant d arriver a Lhasa, nous apercevons le potola surplombant la ville et magnifiquement eclaire.

La, je realise enfin que je suis arrive, apres 10 jours de trajet depuis Chengdu.

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