Pour ce qui est des photos, vous pouvez les trouver dans mon album photo avec une petite explication sur celles prisent a Lhassa. A kathmandu, internet ne me permet pas d inserer ces photos au texte, desole. Arrivee a Lhasa de nuit, je trouve assez facilement un lit en plein centre ville, cote tibetain (ily a une 2eme ville plus chinoise apres le Potala). Je vais passer les premiers jours a marcher dans les ruelles de la ville. Des que je trouve une rue plus petite que les autres, je l emprunte et me retrouve ainsi tres vite perdu. Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de miniscules monasteres que l on peut trouver. Les pelerins de tout le pays viennent a Lhasa pour effectuer la Kora, c est a dire qu ils marchent autour des grands monasteres tels que le Potala ou le Jokhang en faisant tourner leur petit moulin a priere. Certains rejoigne meme la capitale en rampant apres plusieurs mois de trajet. Alors que les voyageurs se melent aux pelerins pour effectuer la Kora vous pouvez facilement vous isoler en plein centre de la marche et rester au calme avec les moines qui vous invitent a vous joindre a eux. Le calme regnant dans ces mini temples est difficilement imaginable tant la kora effectuee a 2 pas de la est bruyante. Je retrouve Raphael (celui rencontre ai fin fond de la Mongolie, puis a Oulan Bator, et Beijing) et nous passons la soiree a parler de Paris (j aurai presque l impression d etre un parisien). En fin de soiree les gerants du bar nous invitent a aller avec eux en discotheque (nous etions les seuls clients de ce petit bar). Nous les suivons et arrivons dans la place. Nous nous asseyons et assistons a un veritable spectacle. Des chanteurs, des danseurs, des acteurs de comedies effectuent a tour de role leur show. A certain moment les spectateurs peuvent monter sur scene et danser, les danses etant tres codifiees telles celles que j avais pu voir a Shamgri La ou a Khamding. Du coup nous restons assis a regarder le spectacle, mais bon vu mes qualite de danseur finalement cela ne me gene pas trop. Ce n est que le lendemain que je vais rencontrer Fee (comme la fee clochette) une jeune allemande de 22 ans. Je la rencontre dans un bar en meme temps qu un irlandais (dont le nom est impossible a retenir). Le patron du bar, un hollandais, vient lui parler de ses problemes. Elle m explique alors qu une plainte a ete deposee contre elle. Voici les fait : un matin, elle s installe devant le potala pour dessiner celui-ci. Une fois terminer elle se leve pour rentrer et un enfant d environ 8 ans vient la percuter a niveau de sa hanche. L enfant tombe et se blesse legerement (c est ce que diront les policiers dans un premier temps) a la pomette. Fee s excuse immediatement, la mere arrive furieuse et le mini scandale attire la police qui amene Fee, la mere et l enfant au commissariat. Elle explique qu elle est vraiment desole, mais que c est l enfant qui est venu la percute. Elle rajoutte qu elle est prete a payer pour les soins de l enfant. Les policiers lui prennent alors son passeport et lui donne rendez vous le lendemain (un conseil ne donnez jamais votre passeport, mais toujours une photocopie). Le lendemain les policiers expliquent que le medecin n a pas encore vu l enfant et redonne rendez vous a Fee 3 jours apres. C est la que je l a rencontre. Nous nous rendons le jour du rendez-vous au commissariat. Arrive alors les parents de l enfant tout sourire avec 2 nouveaux policiers. La discussion va rapidement devenir surrealiste. Fee explique la scene de l accident une bonne dizaine de fois amis les flics semblent ne pas vouloir comprendre. Au bout de 2 heures, un peu lassee de tourner en rond, Fee explique une nouvelle fois qu elle veut payer les soins et qu on en finisse. Elle demande combien cela peut couter mais ils ne veulent pas repondre. Elle insiste et lui font comprendre que l on ne parlera d argent qu une fois qu elle aura signe un papier. Nous demandons ce qui est ecrit sur ce papier et ils nous expliquent que ce sont des aveux comme quoi elle aurait frappe l enfant. Elle repond qu elle ne l a pas frappe que c est un accident et que c est meme l enfant qui est venu la percute. Le policier repond qu elle ment. Gardant son calme elle reexplique une bonne douzaine de fois la scene allant meme jusqu a la mimer et a chaque fois ils repondent en montrant le papier a signer en rajouttant qu elle ment. Au bout d une autre heure, ils precisent qu une dizaine de personnes l ont vu frapper l enfant et que donc elle doit signer (deux jours plus tard ils ne seront plus que 4 a avoir temoigne). Elle refuse une nouvelle fois ce qui commence a enerver les policiers (je suis deja pour ma part assez enerve. Ils commencent a changer de ton et a mettre la pression sur la fille "tu sais que ton visa va expirer dans quelques jours et que si tu ne signe pas le papier tu vas te retrouver coincer au tibet .... tu sais aujourd hui la famille reclame 5000 euros (c est la premiere fois qu ils parlent d argent) mais demain si tu ne signe pas cela sera peut etre 10 000 euros ... Pendant ce temps les parents se reposent tranquillement sur un canape, le sourire au levre et plaisantant regulierement avec les policiers. Apres 4 heures a tourner en rond dans ce commissariat je commence a serieusement avoir les nerfs.Alors que Fee garde son calme, son sourire, sa politesse, je commence a fixer les parents qui rigole de plus belle a la vue de mon visage qui j imagine est alors en train de se decomposer. Je commence a les insulter discretement, ils repondent par des sourires narquois et des signes du style de ceux que l on voit dans les clips de rap. Je me leve et les insulte vraiment, le pere me demandant d approcher. Fee s apercevant de la scene me demande de sortir ce que je fais les larmes aux yeux tant je suis dans un etat second. Je vais attendre une bonne demi heure dehors que cela se termine mais je n arrive pas a me calmer. Quand les parents sortent ils passent pres de moi et le pere recommence a me narguer. Je repete un cable et tente de lui cracher a la figure a plusieurs reprise mais les flics sortent a leur tour et me regardent un peu de travers. Moi qui est horreur de ne pas pouvoir maitriser les choses du genre quand on est dans un avion et que l on ne peut que subir le deroulement du vol, je ne supporte vraiment pas cette situation (mais bon c est quand meme Fee qui en est la victime). Nous partons boire un verre pour nous calmer et faire le point. Je terminerai la journee avec un bon mal de crane. A partir de ce moment la nous cherchons des solutions pour en terminer au plus vite. Les jours qui vont suivre vont se ressembler. Nous passons notre temps a parler de cette histoire, a supposer plein de chose sans jamais etre sur de rien et au final a nous retrouver enerver. Toutes les pistes conseillees a droite et a gauche (de part nos rencontres, de par vos conseils par mail, etc) vont se refermer tour a tour. Chaque fois que nous nous rendons quelque part (par exemple aux affaires etrangeres) les policiers s y trouve avant nous et prenent les devant pour expliquer la situation. Raphael est maintenant avec nous. Ca ma fait plaisir qu il soit la car quand j explique cette histoire j ai l impression que les gens doute de moi tant elle est surrealiste. Maintenant nous sommes 2 a pouvoir en parler ayant lui meme assister a plusieurs confrontations avec la police. La suivante d ailleurs verra la police nous montrer les photos de l enfant apres que le medecin l ai examine. Sur les photos, nous voyons une balafre d environ 6 cms en dessous de l oeil alors que le policier ayant ramene l enfant le jour de l accident nous avait assurer que la blessure etait minime. Fee n en revient pas. Elle assure que ce n est pas possible. Beaucoup de gens nous comprennent dans la ville mais personne ne veut reellement nous aider (au mieux quelques conseils). Meme 2 flics que nous rencontrons, tibetains, vont acquiesser quand Raphael leur expliquera que tout est faux dans cette histoire, mais nous voyons qu ils ne peuvent rien faire. Quelques jours plus tot, l ambassade d Allemagne nous dira la meme chose, qu ils ne peuvent rien faire. A plusieurs reprises, quand la police va se servir de leur texte de loi pour nous mettre la pressin, Raphael va au culot leur faire repeter leur affirmation et ensuite leur demander de nous marquer noir sur blanc leur dire. A chaque fois ils vont enchainer en nous repondant que nous avons mal compris ce qu ils voulaient dire ou alors qu ils n en sont plus tout a fait sur. Cela en devient meme assez comique. Les jours passes, mous sommes de plus en plus dans un etat second et cela des le reveil. Fee devient parano et des que la porte de notre dortoir s ouvre sursaute en pensant que c est la police qui vient la chercher. J abrege mais cette histoire aura vraiment ete horriblement longue. Voila comment elle va se terminer (pour l explication ce n est qu une supposition). Le jour ou le visa de Fee expire elle est comvoquee au commissariat une nouvelle fois. Ils tentent une nouvelle fois de lui faire signer ce fichu papier ce qu elle refuse etant maintenant prete a aller jusqu au proces (quitte a perdre un an de scolarite). A 19h00, ils changent totalement de ton et lui demande a present 50 dollards pour les frais judiciaire et si elle paye lui rendront son passeport pouir qu elle puisse prendre le vol Lhassa-Kathmandu dans la soiree. Elle paye, elle recupere son passeport achete son billet a 19h45 (l agence ferme a 20h00) , fait son sac et s envole a 21h30. Il suffisait juste de ne pas craquer et de resister a la pression. Facile me direz vous, mais au final ce n est vraiment pas si simple. Je pense devoir prendre une vrai semaine de vacance pour evacuer ce petit cauchemar ou l on a l impression de devoir lutter contre tout un systeme (ou une petite mafia) tant les gens ont peur de la police chinoise et les gouvernements de chez nous ne voulant pas d histoire avec la Chine. Apres un aller retour a Beijing, pour raison administrative (je ne serai pas les 2 derniers jours avec Fee) je passerai 3 jours a visiter les environs de Lhasa et partirai finalement en avion pour Kathmandu n ayant plus assez de temps pour effectuer la route en stop. Lors de ces 3 jours je passerai mon temps a realiser a quel point toute la vie des tibetains tourne autour de la religion. Le principe de celle-i en ai d ailleurs assez simple. L homme est soumis a un cycle perpetuel de reincarnations. Il peut ameliorer son Karma, c est a dire se preparer a une naissance plus favorable grace au merite acquis par l acomplissement de bonnes actions. Le but de ses reincarnations est d arriver a sortir du cycle incessant de nouvelle vie en atteignant le Nirvana, un etat d eveil superieur. Dans la realite cela se traduit par une joie de vivre car meme si la vie n est pas toujours facile (meme tres difficile pour certains) ils sont persuades que s ils font des efforts leur prochaine vie sera meilleure. |